Le bordel organisé ♥

Voldejour est passé. Pas vraiment de quoi en faire un article. L’éternel recommencement : expliquer pourquoi nan c’est pas ultra recommandé de chasser des pokémons dans les couloirs, répéter que ce serait sympa cette année de ne pas contribuer à la débâcle de la cour jonchée de milliers de chewing-gum écrasés (je suis sûre, que vue d’avion, ça doit faire une Svastika), rabâcher que l’ambition c’est cool, qu’il ne faut pas avoir envie d’être meilleur que les autres, mais meilleur que la personne que l’on était hier. Sinon c’était fun de leur dire que nan ils n’ont pas les nouveaux manuels attendus en français, maths et histoire-géo, déso mais pas déso les gars, figurez-vous que la réforme n’est pas très bien pensée en matière de logistique et que le MEN n’est pas en mesure d’assurer une mise en place cohérente et sereine de ladite réforme.

Bref, c’est une année de bricolage pour beaucoup, de découverte, d’amertume, d’espoir, de déconvenues et d’espoir (il n’y a jamais trop d’espoir)
Sinon dans la famille « l’économie >>>> la logique et l’humain », j’ai appris que la personne chargée de la maintenance du collège depuis des années, va se retrouver bientôt non pas affectée à un seul établissement (où croyez-bien qu’il ne se tourne pas les pouces) mais sur un « secteur » afin de couvrir plusieurs bahuts. BAH VOYONS. Un peu comme l’infirmière, l’assistante sociale ou la COPsy (je féminise ouais) (mais y aussi des mecs) (mais trop peu). Ça pue.

Le truc le plus chouette de la rentrée, hormis le fait de retrouver mes potes de galère, c’est que je vais pouvoir utiliser mon Bullet Journal à foison.

Carnet

Le Bullet Journal c’est le nouveau truc tendance (genre même le 19-45 de M6 en a parlé trois minutes, c’est te dire).

Je te fais pas un historique de 30 pages, plein de blogs et de chaînes YouTube l’expliquent plus exhaustivement que moi. Mais en gros : c’est un bordel organisé. Un agenda 100% personnalisé que tu fais de A à Z en y mêlant vie perso / vie pro / projets / souvenirs / objectifs / souhaits…
À la base c’est un mec, Ryder Caroll, qui a lancé ce concept pas vraiment innovant mais t’as quand même l’impression qu’il réinventé la roue. Puis, les Youtubeuses se sont emparées du truc et l’ont grave pimpé en rajoutant de la couleur, des doodles qu’on met quatre heures à faire et des trucs de mouvances self-help / good vibes / positive mind et autres trucs sympa MAIS qui peuvent vite être niais et dégoulinants à mon goût. Le concept me plaisait bien, me rendant compte que j’avais déjà, l’an passé, appliqué le même système dans le chouette carnet Mr Wonderful que ma copine Sophie m’avait offert. Dans la mesure où la papeterie fait partie du top 5 des trucs les plus merveilleux du monde et que le Bullet Journal est l’excuse idéale pour s’acheter environ deux kilomètres de masking tape (maintenant, on dit washi tape quand on veut être trop stylé), des stylos aux couleurs de l’arc-en-ciel et des petits tampons super kawaï, je me suis plongée dedans. En vérité, un seul stylo lambda suffit hein. Mais ça serait TROP dommage de ne pas en faire trop et de ne pas assouvir son irrésistible envie de feutres et autres trucs de pochoirs et de stickers pailletés.

Pourquoi le Bullet Journal me convient 1000 fois plus qu’un agenda, qu’un carnet de bord classique ?
Je me rends compte que je suis à l’étroit dans les agendas. La même place pour le mardi et le vendredi. Où est-ce que j’écris mes to-do lists ? Je me retrouvais avec un agenda quasi vide, des post-its collés et perdus partout et la frustration de ne pas m’organiser comme il le faudrait. Le Bullet Journal me permet d’écrire trois lignes pour le lundi, deux pages pour le jeudi, de sauter le vendredi, d’avoir une chouette page répertoriant toutes les réunions, une autre où est indiquée le nombre d’élèves par classe, la liste des PP, des pages de to-do lists pour le boulot et pour ma vie perso. C’est super clair, fluide et bordélique en même temps. Ma tête est au clair et j’ai l’impression (illusoire) de contrôler mon quotidien. Je kiffe que le Bullet Journal soit aussi protéiforme, il n’y a pas un seul modèle, un seul schéma à suivre. C’est 100% adapté à ce dont on a besoin permettant de développer créativité et liberté. L’agenda que Mr Wonderful a sorti l’an dernier est vraiment sympa avec ses pages spécial listes, ses stickers… MAIS on reste dans un système de pages/colonnes classiques dans lesquelles mon écriture étouffe. Il y a également 12 000 solutions digitales entre logiciels, appli ou tout simplement un doc word ou excel pour planifier, organiser, lister… mais j’avais envie de retrouver le plaisir du papier et de l’encre. Le côté tactile, le bruit du stylo qui accroche le papier, l’objet en lui-même #PassionCarnet. Là c’est vraiment un ressenti perso. Et putain le PLAISIR de ouf quand tu coches, quand tu fais une croix quand une tâche a été accomplie. C’est complètement con et symbolique hein mais ça me donne réellement l’impression d’être efficace, organisée le tout dans un univers soigné et agréable.

N’importe quel carnet peut faire l’affaire ?
Dans l’absolu, oui. Mais en vérité, nan.
Là c’est super intime comme choix. Format A5 ? A4 ? Spirales ? Ligné ? Petits carreaux ? Team Moleskine ?
Faisant partie de l’ADGQADCCIR (l’Amicale Des Gens Qui Achètent Des Carnets Comme Ils Respirent), j’ai vachement étudié le dossier. J’avais commandé des carnets A5 à spirales, hors de prix sur Zazzle et j’avais été super déçue du rendu de la couverture (très très cheap), des spirales de mauvaise qualité et de l’épaisseur des pages rappelant du papier à cigarette. Bref ces cahiers ont fini en carnets à dessin pour Choupi’Baby.
Comme entre temps, je suis tombée amoureuse de Boho Berry aka Kara Benz, la papesse en matière de Bullet Journal, j’ai choisi l’un des carnets de référence du Bullet Journal : un « dotted » carnet A5 Leuchtturm 1917 (QUI EST LA PERSONNE QUI A TROUVÉ CE NOM ?) (Bon, apparemment « leuchtturm », ça veut dire « phare » et genre ce carnet est censé te guider et t’éclairer ?). « Dotted » parce qu’il est en pointillés (MEGA pratique si comme moi, tu veux faire des tableaux, des trackers et des petits dessins). Y a plein de couleurs de ouf et ce fut compliqué de choisir entre le turquoise, le mint, le jaune, le violet et le rose. L’avantage c’est que les pages sont déjà numérotées et elles sont suffisamment épaisses pour faire du doodle ou colorier sans que ça fasse un truc dégueulasse. Tu sens la qualité et la robustesse et il ne vaut pas une blinde (genre c’est pas comme le carnet Kate Spade que j’avais repéré et qui nécessite de vendre ses cornées au marché noir).

Tu mets quoi dedans ? C’est organisé comment ?
C’est là toute la beauté du truc : tu fais ce que tu veux ♥ Alors bien sûr, c’est un concept donc il y a quelques codes de base pour BulletJournaler dans les règles de l’art. Tu dois numéroter tes pages et avoir un index en début de carnet où tu colleras au fur à mesure les références de tes pages pour t’y retrouver (car à 250 pages de carnet, y a moyen que tu galères à le feuilleter pour retrouver cette putain de liste d’anniversaires que tu as écrite il y a 6 mois). Tu dois aussi avoir tes « keys » aka des symboles pour tes différentes tâches (truc à faire / évènement / truc méga important…), genre tu fais un petit point que tu transformes en croix quand c’est fait (comme acheter les Liquid Matte Lipsticks de toutes les marques possibles par exemple) (j’ai récemment découvert Huda Beauty) (PUTAIN ♥), que tu barres si finalement c’était un truc pas important à faire (comme le ménage par exemple) ou que tu transformes en flèche pour dire que ça sera reporté à plus tard (comme passer l’aspirateur par exemple)
Le truc que je ne comprends pas en revanche, c’est d’en faire une page dédiée :

bohoberry.com
bohoberry.com

Genre à moins d’avoir une mémoire de teubé, y a trois/quatre symboles à pomper sur ce qui existe déjà ou créer et basta, quoi.

Ensuite, bah tu mets ce que tu veux, selon tes besoins et tes envies. Un truc journalier avec des to-do lists et tu peux zapper les jours que tu veux, un calendrier annuel, la liste des anniversaires de tes proches à pas oublier, un tracker des séries que tu regardes, une liste de films à voir, de livres à lire, de restaurants à faire, une wish-list, une liste de souhaits et d’objectifs à faire avant tel âge, un planning annuel de réunions, les emplois du temps de tes mômes, et des trucs good vibes comme un truc de « gratitude » aka pour chaque jour du mois, tu mets un truc positif qui t’a rendu heureux dans la journée (comme par exemple un orgasme, un Liquid Matte Lipstick Nyx, un câlin de ton chaton, le soleil qui inonde ta maison, les sushi avec les copines ou le fait que ton test HIV soit négatif)
En tant que biatch, j’ai un Hair care tracker et un Skin care tracker afin de checker quand j’ai fait un masque tissu, un gommage, un après-shampooing, un bain d’huile et aloe vera… Je SURKIFFE les trackers, ça me donne l’impression de contrôler (illusoirement) ma vie et d’atteindre plus facilement mes objectifs, tellement je les ai sous les yeux et tellement j’aime colorier ces cases, ça me procure une satisfaction complètement débile mais réelle.

J’aurais kiffé te faire une vidéo pour te raconter tout ça mais pour des raisons évidentes, c’est pas fastoche (tout serait si simple si je n’avais pas un boulot comportant des ados cruels et facétieux) donc je t’invite à mater ces vidéos qui sont drôlement chouettes et qui illustrent mon propos. La première est en anglais et c’est la fantastique Kara Benz de Boho Berry qui parle (si tu ne parles pas un peu anglais, tu vas galérer mais t’auras les images qui sont jolies). La seconde a été réalisée par Emilie de Bulledop et sa vidéo est claire, didactique et super jolie aussi (la meuf est un chouïa douée en dessin #Euphémisme)

 

 

Bullet journal – mon Starter Pack :

Bullet Journal

 

Quand au rayon papeterie, tu aperçois des Paper Mate aux couleurs INÉDITES :

 

Quand on te dit que c’est un peu ridicule de faire tout ça à la main, que tu perds ton temps :

 

Quand tu fais une rature sur ton Bullet Journal :

 

Quand tu regardes les illustrations de Boho Berry puis ton pathétique doodle :

 

Quand ton mec te demande si vraiment t’as besoin de trois énormes trousses remplies de stylos, de feutres, de crayons de couleur, de stylo plume et de trucs de calligraphie :

 

Quand tu es parvenue à faire un dégradé de couleurs dans ton « header » :

Le truc auquel il faut faire gaffe c’est de ne pas perdre de vue le but premier du Bullet Journal : centraliser tâches, listes, événements, notes, objectifs en un seul endroit afin de booster sa productivité et son efficacité. On a vite fait de se perdre en une mise en page chronophage avec plein de couleurs, de cadres et de doodles et de passer cinq heures sur Pinterest à épingler de belles photos de trackers, de pages de collection, de daily-logs originaux et esthétiques. On se colle la pression. Et c’est complètement con car on perd du temps alors que c’est l’inverse qui est attendu. Un Bullet Journal n’est pas forcément esthétique, hyper soigné et chiadé. Ça n’est pas sa fonction première mais avec le temps, il est devenu un objet joli que l’on chérit, que l’on colorie et que l’on exhibe. Un journal intime pour adultes qu’on a envie de partager.

Et si t’as pas le temps, pas le talent ou la patience de faire des petits dessins de ouf et de soigner ta présentation de Bullet Journal, Kara Benz de Boho Berry a lancé sa boutique Etsy avec stickers, trackers… Ils sont top (je n’ai pas encore craqué car COUCOU LES FRAIS DE PORT) et je crois qu’un de ces quatre, j’en commanderai parce qu’ils sont choupi et parce que j’ai envie d’encourager cette nana dont les vidéos et l’énergie donnent le smile.
Et si t’as envie d’avoir des sneak peeks de mon Bullet Journal, tu peux aller checker Instagram #LeBulletJournalDeSoso.

Avec la rentrée, j’optimisme (IL FAUT CONDAMNER À MORT L’INVENTEUR DE CE SLOGAN DE MERDE) (TORTURE INCLUDED)

Cette année, ça n’est pas particulièrement pour MA rentrée que j’éprouve du stress, de l’angoisse et de l’appréhension…

Moi, mercredi soir, veille de la première rentrée en maternelle de Choupi’Baby :

 

Lorsque dans un élan très positif et optimiste, j’imagine la maîtresse de Choupi’Baby :

 

Lorsque je vais laisser Choupi’Baby dans sa salle de classe avec détachement et sérénité :

 

Lorsque je vais découvrir que mon emploi du temps m’oblige à abandonner ma fille à la garderie de l’école matin ET soir :

 

Lorsque je vais m’apercevoir que les camarades de classe de Choupi’Baby ressemblent à s’y méprendre à Emile Louis, Eric Smith, Charles Manson, ou Mary Bell.

(Mary Bell c’est la gamine PAS DU TOUT FLIPPANTE qui outre le fait d’être obligée de baiser avec les clients de sa mère qui se faisait rémunérer pour sucer, a étranglé deux petits garçons de trois et quatre ans, décidant que leur graver un M sur le bidon et qu’entailler leur zizi post-mortem était une idée drôlement chouette)

(Eric Smith est un garçonnet facétieux qui a chopé un môme de quatre ans pour l’étrangler, lui écraser la tronche avec des pierres avant de le sodomiser avec des branches. Une fraîcheur, ce gamin)

 

Lorsque j’imagine avec beaucoup de plénitude mon Choupi’Baby au milieu de la cour de récréation :

 

Lorsque Seigneur & Maître va découvrir que Choupi’Baby sort avec Khyllian un mec en CP qui fait un trafic de contrefaçons de peluches Tsum Tsum :

 

Lorsque Choupi’Baby va nous annoncer qu’elle s’est fait traiter de sale pute par Brianna, 4 ans et demi :

 

Lorsque je vais m’expliquer avec bienveillance avec ladite Brianna :

 

Lorsque Choupi’Baby va nous donner ses premières impressions sur l’école :

 

Lorsque l’on va découvrir qu’on a gagné à Euromillions vendredi soir et que l’on va pouvoir inscrire Choupi’Baby dans une école Montessori et voyager comme des oufs (tout en construisant le loft lumineux de mes rêves)

Voldejour

Il y a un truc qui me fait grave chaud au cœur pour de vrai. Cela fait longtemps que je n’ai pas écrit régulièrement (Hey, vous vous souvenez en 2009 quand j’écrivais tout plein d’articles car j’étais révoltée, nullipare, motivée, nullipare, passionnée et nullipare ?). Je suis toujours révoltée, motivée et passionnée par mon métier, par l’écriture… mais je ne suis plus nullipare. Ma fille a envahi ma vie, changeant mes envies et mes priorités et dans la mesure où je suis une meuf aussi organisée que Nadine Morano est pertinente, il est compliqué de gérer la vie de famille, le taf, la vie tout court le tout en laissant suffisamment de place pour mes élucubrations bloguesques. (Vous savez qu’à un moment je voulais faire des vidéos en plus des articles ? #JeSuisUnePersonneFollementOptimiste) (Genre des trucs de beauté, des trucs de profs, des trucs marrants) (sans faute de français) (j’hallucine toujours des YouTubeuses ah pardon, faut dire INFLUENCEUSES (on se croirait dans le jargon de l’EN) et de leurs fautes de français à base de « si j’aurais… » / « Comme même » / « la copine  À… »

Quand j’entends une YouTubeuse qui passe son temps à aller à NYC, SF ou LA et qui continue de parler de la palette « Nékèd » de Urban Decay.

Bref, je disais il y a trois digressions et deux parenthèses qu’il y avait un truc qui me faisait chaud au coeur : VOUS

(Ça fait grave gnangnan nan ?) (SI)

Insérons une blague de cul fine et subtile afin de pallier la niaiserie :

Quel est le point commun entre une femme et une piscine ?

– Ça coûte trop cher par rapport au temps passé dedans.

N’empêche que VOUS quoi. Mes choupi. J’écris moins, je délaisse le blog pour regarder Cat’s Eyes avec ma fille (ELLE ADORE) (C’EST MA FILLE ) (Elle adore Sylia car elle a du ROUGE À LÈVRES) (sa passion) (moi j’ai toujours préféré Tam) (Normal quoi).
Malgré mon silence, mon irrégularité… bah vous êtes là #KeurAvecLesDoigts. Toujours au taquet pour commenter sur Facebook, liker sur Insta, RT sur Twitter ou mater des conneries sur Snap. Il y a une fidélité de ouf, une solidarité que je trouve grave apaisante, rafraîchissante (mes adjectifs font un peu pub pour de l’homéoplasmine). Bref, vous êtes toujours là et ça me fait grave plaisir et croyez bien que je kifferais avoir le temps d’écrire un article par semaine (OUI je sais, je sors de vacances d’été) (J’étais ultra occupée à faire des châteaux de sable et des trucs d’éco-moulage) (c’est TROP BIEN) (Genre ça donne l’impression d’avoir une créativité et une dextérité de ouf alors qu’il s’agit juste de faire fondre de la popsine au micro-ondes, de verser dans un moule et attendre sagement 10 minutes que ça sèche) (Le résultat est TOP)

Dans une semaine, c’est le moment dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. Le Voldejour comme l’a si bien dit une lectrice sur Instagram (COUCOU VIRGINIE !) (J’allais faire une blague avec Saint Exupéry mais finalement nan) (tu l’as ?)
Les vacances d’été sont passées en un éclair, c’est assez dingue. J’ai l’impression d’être le 12 juillet ALORS QUE NAN.
Le 1er janvier avec ses bonnes résolutions, c’est mon 1er septembre. C’est à ce moment-là que j’ai grave envie d’améliorer, de tenter, de réussir. Une page blanche à écrire, un nouveau départ… etc. Alors bien évidemment, parmi ma wish-list, il y a le souhait d’écrire plus régulièrement, de garder le contact avec vous que je kiffe, avec l’écriture que je vénère et de continuer à dire qu’une réforme de l’école est nécessaire mais qu’elle ne passera pas par des EPI, des classes à 27 ou des Twittclasses.

En parlant de Twittclasses, je suis grave ouverte d’esprit, open pour des expérimentations… mais je n’ai toujours pas compris l’utilité et l’intérêt d’une Twittclasse. Notamment en maternelle ou primaire. Twitter est un réseau d’adultes comportant un contenu adulte, un contenu parfois choquant (je vous rappelle que Christine Boutin a un compte Twitter), des photos effrayantes (photos post-attentats, maillots de bain de Afida Turner…) et du coup si en classe, Twitter est bien encadré toussa, quid à la maison quand le môme en primaire ou au collège scrolle sur Twitter et en profite pour mater des photos de meufs à poil qui te proposent gentiment de les suivre sur une cam, des photos de décapitation ou des photos de Jean-François Copé. Alors bien sûr, les mômes peuvent aller voir ça sans que le concept de Twittclasse soit instauré, mais le fait d’utiliser Twitter en classe cautionne le fait de l’utiliser à la maison. J’aimerais en comprendre l’intérêt, j’ai lu plusieurs articles, témoignages enthousiastes de profs mais je reste hermétique, haussant un sourcil (un sourcil bientôt redessiné par Anastasia Beverly Hills) (Hiiiiiiiiii !!!) et me disant qu’il faudrait idéalement une plateforme dédiée au système scolaire et que Twitter est la boîte de Pandore. Sur Twitter, tu vois passer des élans de solidarité merveilleux, de l’humour noir qui déchire, des punchlines que t’aurais aimé trouver, des photos de Isabelle Balkany, des photos de Jude Law (OUI, même chauve et plus vieux, je le kiffe), des propos racistes, des appels à la haine, des menaces… Twitter c’est un fouillis de ouf où se côtoient l’empathie, l’humour, l’esprit, la haine et l’orgueil. Si jamais vous êtes choupi et que vous êtes adepte des Twittclasses, éclairez-moi.

Moi quand on me dit qu’il y a des profs 100% déchargés pour tweeter et apprendre aux profs à tweeter. Je ne comprends pas le concept (Genre on t’apprend à mentionner, RT, citer un tweet, envoyer un DM, faire une liste, paramétrer ?!!)

Voldejour arrive.
Une partie de moi a méga envie de préparer son cartable avec des trousses pailletées, mon Bullet Journal (c’est mon prochain article), des stylos de toutes les couleurs (genre les nouvelles couleurs de Paper Mate) et de bosser Harry Potter avec les élèves (genre on va faire une cérémonie avec le Sorting Hat) (ça va être TROP BIEN), et comme chaque année, j’espère naïvement que cette année, je vais parvenir à transmettre empathie, compassion, tolérance et solidarité au sein de mes classes (alors que dès le 5 septembre Jean-Rayan va pousser exprès Marie-Kessy dans les escaliers car c’est rien qu’une pute qui mange ses morts)
Une partie de moi sait exactement comment l’année va se dérouler. Ça va être un peu le bordel entre les EPI, l’AP, les projets, on va encore se plaindre qu’on a des cours qui sautent, on va halluciner du manque de civisme de tant d’élèves et de leurs parents, on va s’émerveiller des petits progrès d’un élève aux troubles de l’apprentissage de ouf qui s’accroche, on va encourager, accompagner, expliquer, sermonner, comprendre, féliciter, menacer, guider… Je trouve que dans mon bahut socialement compliqué, c’est de pire en pire niveau goût de l’effort et du travail. Je suis effarée par l’inaptitude de nombreux élèves à copier sans erreur 4 phrases écrites au tableau. Je suis amusée (et effarée aussi hein) des pédagogos que je lis vaguement sur Twitter qui considèrent que LEUR idée de la pédagogie est la seule et unique à adopter. Je suis inquiète de voir les décisions institutionnelles sur l’école. Je suis inquiète à l’idée que ma fille de trois ans et 10 mois soit balancée dans cette arène aussi chouette que violente (Et bordel le mercredi matin travaillé pour les maternelles MAIS QUELLE CONNERIE) (Les écoles Montessori et autres trucs alternatifs sont trop loin #larmes). Et malgré tout ça, je continue, j’espère, je tente de contribuer à un changement, une amélioration. À quel moment être prof c’est surtout être un gros naïf optimiste ? C’est aussi pour ça que j’écris moins, j’ai l’impression de me répéter, d’un éternel recommencement, d’un bourbier dont on sort un peu pour mieux replonger.
Et je n’ai pas à me plaindre, je ne suis plus cette TZR qui est nommée sur trois bahuts, ce TZR qui apprendra dans trois jours s’il est nommé dans un collège, un lycée, un lycée pro ou les trois, cette TZR qui a 40 bornes entre ses deux collèges et qui passera 56 heures à remplir les fiches ubuesques de remboursement de frais, ce TZR à remplacement de courte durée qui va s’adapter au fonctionnement de chaque établissement, aux EPI imposés qu’il abordera vaguement. Malgré le côté REP et relou, j’ai une situation confortable avec des collègues qui sont aussi des amis ♥, je ne l’oublie pas #PassionRelativiser.

Comme chaque année, on arrive avec un capital espoir et énergie qui sera entaillé, amenui, bouffé au fil des semaines. C’est pour ça qu’on a des vacances toutes les 7 (voire 12) semaines. Pour qu’on puisse recharger la barre d’énergie et d’utopie.

Voldejour arrive. Affrontons-le avec sourire et énergie !

 

Et pensons à la pré-rentrée et aux Mojito fraise avec les copains tout en bitchant sur les prénoms chelou qui nous attendent !

 

Et après on découvrira nos emplois du temps :)

 

Ça y est. C’est reparti.

La semaine du seum (j’utilise une expression de jeune alors que je suis une prof donc une ringarde qui vit dans une grotte)

Cette semaine, il y a deux choses qui m’ont choquée (des trucs qui concernent l’école) (nan parce que sinon, il y a plein d’autres choses qui me choquent comme par exemple le fait que ma fille qui était ma jumelle gustativement parlant, s’émancipe) (genre comme sa reum, elle über-kiffe les sushi, la moutarde, tous les trucs asiatiques, le bacon caramélisé, la pastèque… et là MADAME se met à adorer le persil (genre le PERSIL quoi, qui fait partie du top 3 des herbes aromatiques que je n’aime pas) (1. coriandre et 2. thym) (si on va par là je ne suis pas excessivement fan de la  sauge) (alors que bordel, parlez-moi ciboulette, estragon, aneth, basilic, marjolaine ♥) (en plus du persil, MADAME se délecte de Yopa caramel alors que bordel le mélange caramel/yaourt me fait gerber et pour être franche, je fais partie des 4% de la population mondiale qui détestent le caramel) (mais je fais partie des 2% de la population mondiale qui aiment les choux de Bruxelles)

Quand Princesse Soso commence un article :

Bref.

  1. La reconquête du mois de juin, objectif de 2017 : Cette semaine, au collège, pléthore d’élèves ont décidé avec ou sans leurs familles que ça y est, c’était les vacances. Le 13 juin, on a commencé à retrouver deci-delà des manuels scolaires déposés dans un coin de couloir. Le lundi 13 juin. Sachant que la date officielle est le mardi 5 juillet.

Petit excursus pas long, promis :

J’aimerais connaître le cheminement personnel des humains qui décident du calendrier scolaire lorsqu’ils se sont dit « oh bah, on pourrait foutre les vacances le vendredi 1er juillet genre timing impeccable de fin de semaine. Mais NAN, en fait, on va plutôt mettre la date officielle le mardi 5 juillet (comme ça, ça les prépare tranquillou pour 2018 où l’on finira le 7 juillet) (comme ça en 2020, on pourra finir le 14 juillet à l’aise) »

L’excursus est fini, vous avez vu, c’était pas long hein.

Ne plus venir au collège VINGT-DEUX JOURS avant la date des vacances. Et BAM, ça s’enchaîne… des élèves qui abandonnent leurs manuels sur un coin de table, dans leurs casiers ou qui se barrent sans les rendre. Des parents qui parfois mettent un mot dans le carnet expliquant au choix que « puisqu’on ne fait plus rien en classe, pas la peine de venir » ou « ah bah déso mais pas déso, on part en vacances toussa, on s’en branle un peu du calendrier scolaire ». Mais généralement, les parents ne mettent pas de mot ou n’appellent pas l’établissement. Tout se fait dans un silence assourdissant. Les élèves se tirent du collège sans avoir dit « au revoir » / « bonnes vacances » / « on se retrouve en septembre »… et bordel c’est important de se dire au revoir. C’est important de boucler la boucle, d’établir une conclusion qui permettra un nouvel accueil. Ces petits rituels sont méga nécessaires et méga gâchés parce que l’on n’a pas la même définition du respect et de la bienséance.

Et puis bordel, ON BOSSE ENCORE. Faudrait pas s’imaginer qu’en juin, on enchaîne les parties de Uno, tout en se faisant un foot dans la cour pendant que certains engloutissent fraises tagada et coca devant le TBI qui diffuse « Les Tuche ». Alors certes, je ne doute pas qu’il existe des profs qui, globalement dès la mi-juin, organisent petits goûters slash jeux de société tout en leur passant Toy Story… mais c’est vraiment une minorité. Du moins dans mon bahut, je peux vous dire qu’on continue d’avancer dans le programme, qu’on réserve le côté ludique, beaucoup plus détendu pour les deux derniers jours aka les lundi 4 et mardi 5 juillet. Si ces deux jours-là, les mômes ne viennent pas, c’est pas gênant. On aura pu se dire au revoir, bonnes vacances le vendredi précédent, ils ne vont pas louper de trucs importants pédagogiquement parlant. Ces deux jours tiennent plus de la garderie améliorée avec des jeux, des films, des discussions pendant que plein de profs ont des micro-réunions pour organiser la répartition des élèves par classe, pour finaliser des projets et vider leurs casiers.

Entre le lundi 13 juin et le vendredi 1er juillet vont s’écouler 14 jours de cours pendant lesquelles il y a moyen de clôturer des séquences, de progresser, d’avancer… Je trouve ça dingue que RIEN ne soit véritablement fait pour rappeler aux familles le caractère obligatoire de l’école et que si tolérance on peut avoir pour des familles prévenant poliment qu’elles n’ont pas eu le choix dans les dates de vacances et que du coup, leur enfant ne viendra plus au collège à partir du 29 juin… la tolérance est difficilement applicable mi-juin sans aucune possibilité de discussion avec la famille.

J’ai appelé la maman de Beverly qui est en classe de 6ème pour lui dire que bon, avec 6 de moyenne générale, peut-être était-il un peu cavalier de ne plus la mettre en classe sous prétexte que « les vacances c’est bientôt » ?

« Ah bah, de toute façon, c’est presque fini, c’est pas grave hein. De toute façon, vous ne travaillez plus vraiment donc Beverly, qu’elle soit en classe ou à la maison, ça ne change rien »

« Je tiens à vous préciser que l’on travaille toujours, que l’on avance dans le programme et qu’il n’est pas question de goûters ou de jeux. Les cours de déroulent normalement… Il reste plus de deux semaines avant les vacances ! »

« Ouais, bah c’est bientôt les vacances, c’est pas grave »

« Mais c’est comme si vous me disiez que Beverly ne va plus aller à l’école le 7 décembre en expliquant que les vacances de Noël, c’est bientôt »

« Ah bah non, c’est pas pareil… De toute façon, vous travaillez plus vraiment là au mois de juin »

#DialogueDeSourds

Et encore là, j’ai eu du bol car la maman a décroché. La plupart du temps, on laisse des messages et les familles ne rappellent jamais. En plus, c’est pas comme s’il faisait 28°C avec un soleil de ouf et l’envie d’aller se balader et se prélasser dans un champ de coquelicots. Il flotte, il fait 17°C, il y a de l’orage, les champs de coquelicots sont détrempés.

2. Les propos irresponsables de Stéphanie de Vanssay :

Le hashtag #TaGueuleDeVanssay a fleuri partout dans ma TL Twitter. Stéphanie de Vanssay c’est une prof qui n’a pas d’élèves, elle fait des trucs de numérique, elle chapeaute le TwittMOOC aka un cours pour maîtriser Twitter (j’ai toujours pas bien compris le concept) (apparemment Twitter est un réseau social compliqué) (Ah.)
C’est une nana pro-réforme #Collège2016 dont les tweets font polémique et sont souvent raillés. Bref, elle a le droit de vivre, de s’exprimer, d’avoir des convictions même si éloignées des profs qui enseignent, même si apparemment bien éloignées des réalités du métier d’enseignant. Parce que concrètement, je fais partie des ces gens qui considèrent qu’il n’y a qu’une seule manière de comprendre le métier de prof : être devant des élèves et bosser avec eux. Tout le reste c’est de la bagatelle, de l’enrobage. Être totalement déchargé pendant des années = ne plus avoir pleine conscience des enjeux, de l’évolution constante d’une salle de classe. C’est pas #EthiqueEtResponsable, c’est pas #Bienveillant mais j’ai partagé ce hashtag. Je n’en suis pas particulièrement fière parce que je trouve naze en général de fustiger publiquement, viralement un anonyme (je n’ai pas la même bienveillance envers les politiques) mais là, je dois avouer qu’il est nécessaire de faire remonter les propos tenus par cette dame qui ne s’est visiblement pas très bien renseignée sur le phénomène Periscope (bientôt rejoint par Facebook Live) (et nul doute que d’autres applis du même genre vont pousser comme du chiendent un peu partout) (comme d’hab, le numérique c’est magique, c’est merveilleux mais quand c’est mal utilisé, ça fait des dégâts inquiétants)

Tout est parti d’un article du Huffpost concernant Periscope.

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Je trouve irresponsable, inquiétant et hallucinant de cautionner le fait qu’il est normal, logique, compréhensible que des gamins filment leurs cours pour moins se faire chier. Hey, la bienveillance éducative, c’est pas du laxisme hein, faudrait pas confondre… C’est assez dingue de dédramatiser ce phénomène qui signifie que la frontière entre réel/virtuel entre légal/illégal est ténue.

NON. Periscope ça n’est pas comme s’envoyer des petits mots. Periscope c’est diffusé sur internet, on sort de la salle de classe, on expose fièrement son ennui, son audace, son irrespect des règles et des lois. OUI c’est choquant de voir que parmi les défis que proposent les internautes, il y a « embrasser la prof » / « crier en cours » / « frapper le prof » / « se mettre torse nu » / « danser sur la table »… C’est sans doute plus simple de dédramatiser, de faire l’autruche plutôt que de reconnaître qu’on se fait dépasser et qu’on perd tout contrôle face aux nouvelles technologies qui ont envahi notre quotidien jusqu’à exister pleinement dans nos salles de classe.

Définition de potacheL’humour potache est un humour moqueur portant peu à conséquence, qui n’offense pas autrui, et qui n’est pas basé sur un mensonge. Le mot potache fait partie du jargon scolaire et fait référence au collégien ou au lycéen.

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Comme vous pouvez le constater, ça correspond pleinement à la définition de « potache » / « rien de choquant »… et que les défis dont parle Stéphanie de Vanssay ne sont pas là pour nuire à autrui…

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On peut décemment dire qu’elle nous prend pour des ignares slash ringards. Parce que bordel, ma mère qui est en retraite depuis quelques années et qui n’est pas du tout intéressée par internet, Twitter, Facebook sait ce qu’est Periscope. S’il y a bien un boulot où l’on reste grave au point sur les modes des jeunes, les nouveautés de langage et de communication, c’est bien celui de prof. On suit les évolutions. La bestah est devenue BFF et « soeur de coeur ». Facebook s’est fait détrôner par Snapchat et Instagram. Le filtre couronne ambiance Coachella est en photo de profil de plein d’élèves. Dans 6 mois, dans deux ans, il y aura de nouvelles applis, de nouvelles façons pour les élèves de se retrouver, d’échanger et de harceler.

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Ahhhh les profs sont chiants donc ça paraît évident que les élèves doivent trouver des moyens pour s’occuper et faire passer le temps. Quelle belle rengaine. J’aime cette généralisation. J’aime que l’on jette démagogiquement l’opprobre sur les profs en ne parlant pas de l’attitude ignoble de certains élèves inconscients (ou pas) qui appellent à la violence et à l’humiliation. J’aime que dans cet article le problème ne soit pas cette perte de contrôle face aux nouvelles techonologies, à l’absence de repères, de respect, de moralité pour certains élèves, le problème c’est que les profs font bosser les élèves, leur demandent d’être attentifs et ça… apparemment c’est grave pas swag. Le souci réside peut-être dans le fait qu’il est méga inquiétant de constater que l’effort, la concentration ou la rigueur sont des gros mots et qu’il faudrait idéalement ne bosser que dans un « bruit pédagogique » (euphémisme pour dire : les élèves sont en groupe, parlent du cours 30 secondes et ensuite discutent tranquillou de la dernière vidéo de Squeezie ou Sandrea), que l’on doive se montrer over-tolérant pour ces pauvres pioupious attirés par les sirènes de leurs smartphones. Quant au « on ne surveille pas », je n’ai pas bien compris ce que Stéphanie de Vanssay voulait dire. Quant aux élèves inactifs… quand tu vois que Periscope est aussi utilisé dans des classes où les élèves bossent en îlots, sont super sollicités, « au centre de leur apprentissage » comme aiment le répéter les didacticiens, le souci n’est vraiment pas l’investissement, le charisme, la compétence de l’enseignant. Le souci c’est la non-conscience (ou pas, encore une fois) des conséquences de ses actes, l’envie irrépressible de transgresser, se mettre en scène, faire le buzz et récolter des followers…

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YOUYOU, si si, je vous assure qu’au delà de l’envie pour des élèves de se mettre en avant, de faire le show, d’exister en classe ou sur Twitter, il y a aussi du harcèlement envers ces profs qu’on humilie, qu’on ridiculise, qu’on pousse à bout. Quand on tape sur Twitter « periscope venez en cours » / « periscope prof »… bah on voit surtout l’envie de faire chier, l’envie de provoquer, l’envie d’aller le plus loin possible sans se faire prendre, on lit de la violence verbale ou physique. On assiste à du harcèlement mais BON, comme les instances officielles n’ont pas réellement bougé leur cul, on va juste minimiser le truc et voilou, l’été arrive, tout cela sera vite étouffé et d’autres applis et modes verront le jour dans quelques mois.

Je conseille vivement au Huffingtonpost de s’adresser à des profs qui enseignent, à des gens qui savent comment se passe le phénomène periscope en classe plutôt que de confier une tribune à Stéphanie de Vanssay dont les propos sont absolument hallucinants et irresponsables.

Quand je lis les tweets de Stéphanie de Vanssay et de ses potes :

 

Du coup, je préfère lire les tweets de Jean-Moundir ou Valolic #AstucePourRigolerPourDeVraiEtPasJaune

 

Parfois les gens bien intentionnés racontent n’importe quoi

Si vous avez lu feu mon ancien blog, vous savez déjà que je suis dans la mouvance de la parentalité positive machin, la CNV (communication non violente), l’écoute active, le compliment descriptif, je kiffe Isabelle Filliozat, Montessori, les pédagogies alternatives et je trouve que taper la main, la joue ou le cul de son mouflet n’a strictement aucune vertu éducative, du moins aucune portée éducative que je trouve utile et bénéfique. La claque et la fessée sont pour moi des faiblesses auxquelles je souhaite pouvoir résister. En plus j’aime le quinoa, consommer local autant que faire se peut, je fais des recettes vegan, je fous des graines de lin partout, j’aime bien les chips de chou Kale, quand je fais le ménage (oui, ça m’arrive de plus en plus) (Seigneur & Maître n’en revient pas) (hein que t’en reviens pas hein ?) j’utilise des produits Body Nature ambiance « lavons nos sols sans niquer nos voies respiratoires et notre planète », j’écoute du Patrick Watson en buvant un home-made smoothie framboise/pêche de vigne dans un verre vintage acheté dans un concept store qui reverse une partie de ses bénéfices à la recherche contre le cancer, je comprends grave le phénomène du home-schooling… bref, cet article publié le mois dernier m’avait bien plu. (Mais j’ai du mal à me passer de sushi au mercure saumon, d’un Tigre qui pleure, et je ne vais pas en Polynésie tous les ans non pas parce que je ne veux pas aggraver mon empreinte carbone mais parce que mon salaire mirobolant ne me permet pas de traverser l’équateur quand j’en ai envie. J’utilise encore certains produits cosmétiques avec des silicones, parfois mon nutella n’est pas home-made, je ne fais pas mes courses uniquement dans un Naturalia, une AMAP ou une coopérative équitable bio solidaire… et attention CONFIDENCE : il m’est déjà arrivé de jeter un carton de yaourt dans la poubelle des déchets ménagers).

Moi quand je passe à la caisse « Moins de 10 articles » avec 14 articles :

 

Dans mon boulot c’est pareil, certes c’est quand même trop drôle de biatcher sur les élèves avec les copains ou sur le blog (genre quand Prescylla, 14 ans te dit que Londres est en Californie) (ou quand tu as envie d’éventrer Djayzon, 15 ans et demi qui t’explique très sûr de lui que l’on met un « s » au verbe quand c’est du pluriel comme avec »They »), mais quand je me retrouve devant les élèves, je suis une bulle de bienveillance et de patience, essayant avec acharnement (et masochisme) (et naïveté) de leur transmettre le goût du voyage, l’envie de découvrir d’autres cultures et les outils pour mémoriser que ouais faut un putain de S à la troisième personne du singulier et que bordel la conjugaison anglaise c’est un peu un Bisounours sur un arc-en-ciel comparé à la conjugaison française qui est un peu Satan sur ta mère.

Je suis retombée récemment sur un article que ma copine médecin (qui est grave bonne et qui vient de claquer 250€ en lingerie) avait partagé sur Facebook il y a des mois et mois. Un article d’une nana qui a pignon sur rue en matière de parentalité positive, communication, sortons des carcans habituels toussa toussa. Un article du blog de Catherine Dumonteil-Kremer. Je ne connais pas très bien cette dame mais pour avoir consulté en diagonale son site et ses écrits, il y a des valeurs, des idées que je partage avec elle… et il y a aussi des trucs qui me hérissent le poil comme cet article : « le droit à l’école buissonnière bafoué ».

Chaque ligne m’énerve et me donne envie de crier dans un oreiller. Je vous laisse lire plus amplement l’article mais en substance, Catherine nous dit que les logiciels tels que Pronote sont un peu Maréchal Pétain staïle : un outil de délation qui brime les enfants et désagrège la relation parent/enfant.

Le DROIT à l’école buissonnière ?

Le DROIT ?

Bon, je veux bien qu’il y ait de la provocation volontaire dans ce titre mais bon… je ne trouve pas ça subversif dans le bon sens.

Je n’ai jamais eu envie de transgresser à fond, de sécher et je ne suis pas pour autant prisonnière d’un carcan d’obéissance, de politiquement correct et de conventionnel. S’il y a bien une chose qui j’espère est passée à travers mes blogs c’est que je suis dans la transgression verbale.

Selon moi, le problème n’est pas Pronote mais l’utilisation que les parents en font. Soit il sert de moyen de fliquage, de moyen de pression sur l’enfant, soit c’est juste un outil qui facilite la communication.

Petite analyse de ce texte qui m’a profondément agacée :

« C’est le délateur idéal ! Silencieux, il signale le moindre retard, les absences, les notes, les sanctions. Mais il transmet aussi les bulletins (plus moyen de les réceptionner dans la boîte aux lettres pour avoir quelques soirées tranquilles), la progression du jeune, ses acquisitions scolaires, les devoirs à faire ».

=> Tiens la dame n’est pas au courant que dans une énorme majorité de bahuts, le bulletin est remis en mains propres durant les réunions parents/profs ? Dans beaucoup de bahuts, le bulletin n’est pas en libre accès sur Pronote, on peut seulement consulter les notes de son enfant. Selon les établissements, le bulletin est visible ou pas après le conseil de classe. Concrètement, Pronote sert à centraliser des infos mais ce que l’on souhaite surtout c’est communiquer, discuter, échanger avec les familles de vive voix. Et euh… ça me semble logique et plutôt choupi que le parent ait accès à plein d’informations factuelles relatives à la scolarité de son enfant… Logique de signaler que Billy est en retard tous les matins parce qu’il clope derrière l’arrêt de bus, ou que Louane a carrément augmenté ses notes en maths ces dernières semaines.

Je ne sais pas quand Catherine Dumonteil-Kremer est allée à l’école… mais « de mon temps » (voix de vieille de 25 ans et 10 ans d’expérience), il était impossible de sécher les cours sans que les parents ne soient mis au courant. Dans n’importe quel bahut, si un élève ne se présente pas en cours quelque soit l’heure de la journée, la famille est contactée. Ça me semble terriblement normal de signaler « le moindre retard, les absences », il s’agit tout simplement de la responsabilité de l’établissement. S’il y a plus de chances que le sécheur ou la sécheuse soit en train de fumer une clope dans un coin ou de rouler des pelles à son amoureux ou amoureuse, il existe tout de même la probabilité qu’il y ait eu un souci sur la route, un accident, un enlèvement, une fugue, une agression, un malaise… des trucs pas choupi qui nécessitent de réagir rapidement. L’établissement est tout simplement en faute s’il ne signale pas la moindre absence non justifiée. Donc l’argument « atteinte grave à la liberté »… désolée les chéris mais pour des raisons évidentes on ne peut pas autoriser les ados à courir partout… après libre aux élèves de sécher les cours mais l’école ne peut pas légalement cautionner, laisser passer une fois ou fermer les yeux parce que c’est trop chouette la transgression.

Je fais partie de ces élèves qui n’ont jamais séché de leur vie, parce que j’avais suffisamment de liberté chez moi pour ne pas avoir envie d’en avoir encore plus aux heures ouvrables du bahut. Ça n’est pas dans mon tempérament mais je peux comprendre le côté frisson/transgression que certains ressentent le besoin d’éprouver. Et en plus sécher les cours = devoir rattraper les cours. Et rattraper un cours auquel on n’a pas assisté, c’est supra chiant. Et c’est souvent là que commence le décrochage de certains élèves (j’ai envie d’ouvrir une parenthèse et de digresser) (j’hésite) (bon allez je me lance) (Alors : je trouve que l’exclusion externe accélère le décrochage de l’élève et que du coup, il faudrait repenser cette sanction. Certes, l’exclusion externe permet à tout le monde de souffler un peu et d’apporter un côté solennel, un côté « t’as vu mon bonhomme, y a des conséquences quand tu te montres violent  » mais globalement elle se résume à des profs contents de ne pas avoir de clash pendant trois jours et à un élève qui glande chez lui en se disant que l’école c’est vraiment l’enfer sur terre. Bref, il y a des pistes, des idées à explorer pour palier la défaillance de cette sanction mais elles demandent des moyens humains, la collaboration de la famille…) (Je ferme la parenthèse) (C’était pas trop long tavu).

« Une fois de plus l’institution s’immisce dans les relations parents enfants, non pour les améliorer mais pour étendre sa surveillance au cœur de la famille »

=> le problème n’est pas tant l’école que les relations à la maison. Si les parents passent leur temps à fliquer façon Inquisition, s’il n’y a pas de respect et de confiance mutuels ah bah c’est sûr que ça ne va pas arranger les choses. Mais encore une fois, c’est le rôle du bahut de tenir au courant régulièrement la famille des incidents, des résultats, de l’assiduité. Ce n’est pas le logiciel qu’il faut modifier (quoique) ou supprimer, c’est la manière dont la famille s’en sert et le regard qu’elle porte sur le parcours de l’élève. S’impliquer dans la scolarité de son enfant, vérifier que tout va bien, être régulièrement en contact avec les enseignants… bah ouais, on surveille que tout va bien. Normal. Évident.

« Avant il y avait la lecture trimestrielle du bulletin parfois très pénible, mais une fois par trimestre cela suffisait amplement »

Hein ? Donc avant les logiciels tels que Pronote, les parents s’intéressaient aux résultats de leurs mômes une fois par trimestre et le reste du temps, ils ne parlaient JAMAIS de l’école ? ils ne s’inquiétaient jamais de leur progression, de leurs difficultés, de leurs progrès ? C’est totalement aberrant comme propos…
J’étais au collège dans les années 90, il n’y avait pas de logiciel (on n’avait même pas d’ordinateur, d’iPad, de téléphone portable, de compte Facebook, IG, Twitter, Snapchat et quand on cherchait une info, on allait dans un dictionnaire ou une encyclopédie) (je me sens VIEILLE), mes parents recevaient relevés de notes, bulletins, rencontraient mes profs, signaient mes évaluations… La différence entre 1992 et 2016, c’est que l’accès à ces infos est facilité mais le fond reste le même.
Dans mon bahut, des parents qui ne se préoccupent pas de la scolarité de leur enfant, il y en a pas mal. Jean-Eudes a 5 de moyenne générale ? Peu leur chaut. Priscylla a séché 5 cours en 10 jours ? Peu leur chaut. Prescillia insulte à tout rompre qui ne partage pas son opinion sur un sujet important ? Peu leur chaut. (Un sujet important, comme par exemple le dernier vlog de Sandrea26France) (qui se targue d’être une quiche en grammaire et orthographe) (c’est bien de le reconnaître mais ce serait aussi sympa de checker les trois mots que l’on écrit dans sa vidéo que l’on partage avec des milliers d’ados qui écrivent comme des tanches histoire de ne pas les conforter dans l’idée que bien orthographier c’est complètement overrated). Et bien ces parents ne font pas plus confiance à leur enfant, ne leur laissent pas une liberté salutaire… ils s’en foutent, ils fuient pour éviter tout conflit, ils cautionnent car eux aussi ont détesté l’école.

L’école « qui va enfin comprendre que l’évaluation est une énorme menace qui empêche les acquisitions scolaires, pèse lourd sur les relations familiales »

=> SOUPIR. J’hallucine toujours de la stigmatisation slash diabolisation de l’évaluation. Tout dépend comment c’est fait BORDEL. L’évaluation ne signifie pas traumatisme, échec, fliquage… J’ose espérer que cette dame n’estime pas que la majorité des enseignants prépare leurs évals en se frottant les mains façon Hannibal Lecter, couinant de plaisir à l’idée de piéger les élèves et de leur foutre un double zéro sur 20 souligné deux fois, entouré, avec comme sticker d’appréciation #EthiqueEtResponsable :

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(J’imite Monsieur le Prof qui a sorti une collection de stickers formidables qui prouvent que les profs bienveillants ne sont pas dénués d’un formidable humour noir)

L’évaluation sert à vérifier une progression. J’évalue les élèves sans qu’ils s’en rendent compte en classe, observant leurs progrès. Je dédramatise l’évaluation pour les élèves stressés et la rend plus solennelle pour des élèves qui s’en branlent total. Des évaluations avec le cahier pour vérifier que c’est compris. Des évaluations sans le cahier pour vérifier que c’est appris. Je montre souvent l’évaluation aux élèves la séance précédente histoire de les rassurer et qu’ils comprennent ce que j’attends d’eux. On prépare même des évaluations ensemble, les élèves réfléchissent sur les items importants qu’ils doivent maîtriser… bref j’essaye au maximum d’encourager mes élèves, leur montrant que tout est mis en oeuvre pour faciliter leur réussite. La pédagogie différenciée est devenue monnaie courante tant l’hétérogénéité est hallucinante voire ubuesque. Entre les pansements sur les jambes des bois des dys (BORDEL, il faut instaurer des groupes de langues de dys car la pédagogie est différente pour eux) (faut arrêter de coller anglais LV1 aux dys, il faut leur faire faire de l’italien, à la limite de l’espagnol. L’anglais est bien trop relou pour les dys avec ses 44 sons que l’on peut écrire de plus de 1 200 manières différentes. Donc si on obstine à continuer à leur faire faire 4 heures d’anglais en 6ème il faut repenser totalement le contenu des cours qui leur sont destinés, il faut former les profs efficacement, y mettre des moyens financiers et humains) (parce que bon… leur coller un ordinateur dans les pattes, des polycopiés en A3 et une police de caractère plus lisible pour eux, c’est un début mais c’est sacrément incomplet). C’est comme pour les notes. À partir du moment où elles sont accompagnées d’explications, où elles sont détaillées et correspondent à un moment dans la progression, je ne vois pas en quoi elles sont traumatisantes. Ce qu’il faudrait idéalement, c’est que la note ne soit plus en comparaison avec celle d’un groupe mais devienne juste un indice, une information pour l’élève par rapport à sa propre progression. J’ai l’exemple d’un élève en énorme difficulté en 6ème, un élève qui aurait dû être orienté SEGPA voire ULIS. Cet élève a totalement coulé cette année et a réellement besoin d’évaluations adaptées, d’activités différentes. Le concept est super beau sur le papier : individualiser le parcours de chaque élève afin de l’emmener jusqu’au maximum de ses capacités. Sauf que si à 12 ou 15, c’est envisageable, ça l’est beaucoup moins avec nos classes à 27 élèves.

Je suis choquée par le côté hyperbolique de cet article comme si l’école était devenue un Big Brother slash Vichy gros collabo. Je demande à mes élèves de faire signer leurs évaluations afin que leurs responsables légaux soient tenus informés, si un élève obtient des résultats faibles, j’en parle avec lui et je contacte la famille pour les avertir afin que l’on trouve des solutions tous ensemble. Lorsqu’un élève fait des progrès, je n’attends pas le bulletin trimestriel pour écrire mes remarques, j’avertis les parents bien avant par l’intermédiaire du carnet de liaison ou je leur téléphone. Si l’on veut modifier un logiciel comme Pronote, il faudrait ajouter une catégorie pour signaler les éléments positifs dans le travail et l’attitude. Si OUI, on peut reprocher quelque chose à la communication enseignants/familles c’est que dans la majorité des cas, on ne contacte la famille que pour signaler un problème. J’essaye de palier ce défaut et je n’hésite pas à complimenter un enfant sur son carnet, ça fait du bien parmi d’autres mots relatant des incidents ou une absence de travail.

« J’imagine qu’un parent qui voit sur son espace pronote que son enfant n’a pas acquis telle et telle notion va essayer avec ses moyens de renforcer la connaissance de ladite notion, et cela viendra bien sûr en sus des devoirs à faire. Autant dire que les règlements de compte dans les familles vont se faire nombreux. »

=> Même sans Pronote, un parent peut consulter les cahiers, les évals de son enfant et découvrir que telle compétence n’a pas été validée. Et il faut bien faire la différence entre les parents pushy qui collent une pression de ouf à leurs enfants (dans mon bahut, on a plutôt le problème inverse) et les parents impliqués qui souhaitent aider davantage leur enfant. L’intention est louable, simplement tout est question d’équilibre.

« la crise a transformé les parents en coach scolaire »

 => je ne comprends pas cette phrase. En quoi la crise a transformé les parents en coach scolaire ?!

Bref, je comprends le côté « youpi la liberté, youpi j’ai l’impression d’être adulte, me sentant vivante en séchant les cours et en gérant mon temps comme je le souhaite » (même si je n’en ai jamais éprouvé le besoin) (je n’ai jamais vraiment ressenti ce besoin de transgression, je n’ai jamais eu envie de me révolter contre mes parents, ils m’ont élevée avec de chouettes valeurs, plein d’amour, de bisous et d’écoute, bien sûr ils ont fait des conneries mais jamais je n’ai eu envie de les inquiéter, de me détacher d’eux, de vouloir vivre une vie non-adaptée à mon âge ou à ma maturité) mais je ne comprends pas du tout la partie sur le logiciel de vie scolaire qui donne l’impression d’appartenir à un système totalitaire. Dans l’absolu, sécher une heure de cours ça n’est pas la fin du monde. Mais si pendant cette heure-là, il arrive quelque chose à l’enfant et que l’école n’a pas prévenu la famille… m’est avis que tout le monde tombera à bras raccourcis sur l’école en criant à la négligence…

Ajoutons que si certains élèves sèchent pour s’amuser, d’autres sèchent pour fuir, pour se scarifier, pour échapper à un prof, à un autre élève, pour tirer la sonnette d’alarme… tout dépend de la situation mais l’école buissonnière n’est pas forcément synonyme de liberté retrouvée et de bouffée d’air qui régénère.

Ce que je reproche à cet article, c’est que Catherine Dumonteil-Kremer se complaît dans une nostalgie toute personnelle pour enfiler son costume « Alerte à la société de contrôle » sans avoir l’air de s’être penchée sur la réalité des pratiques. Elle pense à elle en tant qu’ado des années jesaispascombien et elle ne pense pas du tout comme un parent de maintenant. Pour moi, elle est à côté de la plaque et ne s’attaque pas au réel problème : la parentalité dont il semble pourtant que ça soit son cheval de bataille.

La privation de liberté selon Pronote… mais WTF quoi… on parle de quelle liberté ? Sécher les cours pour aller fumer des clopes à 400 mètres du collège, c’est ça la liberté ? Mentir, dissimuler, ne pas penser aux conséquences, inquiéter… c’est ça la liberté ? Nul besoin de carotter ses parents pour se sentir libre et autonome.

Là où je rejoins CDK, c’est qu’il faut travailler sur la communication entre école et famille. Il faut que l’école soit un lieu où l’élève se sente écouté, en sécurité, encouragé, boosté, valorisé, cadré (et plein d’autres participes passés). Mais le plus compliqué reste l’éducation donnée à la maison… le plus dur est de parvenir à avoir des parents qui éduquent leurs enfants en éveillant leur curiosité, leur politesse, leur bienveillance, leur esprit critique, leur gentillesse, leur respect… J’enseigne dans un bahut où pas mal de parents ont transmis leur dégoût de l’école à leurs enfants. Des parents qui envoient des mails aux profs sans un « bonjour » / « merci » / « bonne journée » pour demander qu’on leur renvoie un papier qu’ils ont (encore) perdu. Des parents qui frappent leurs mômes parce qu’ils ont un mot ou une note faible. Des parents qui s’en carrent que leur môme ait 4, 14 ou 18. Ces parents existent et ils sont malheureusement très nombreux selon les zones et les établissements. Heureusement, il y a aussi des parents au top qui font de leur mieux et qui sont hyper investis dans le bien-être de leur enfant #KeurAvecLesDoigts

« Le droit à l’école buissonnière bafoué »… Le titre provoc’ me hérisse le poil GRAVE. Ce droit n’a jamais existé et n’existera jamais. Basta. L’école ne peut pas fermer les yeux pour des raisons de sécurité et de responsabilité évidentes, point barre.

Refermons la porte sur ces inepties qui n’aident pas à redorer le blason boueux de l’école.

Éloge de la concision (oui, ce titre est ironique) (j’allais dire TA MÈRE) (mais je suis polie tavu)

Allez BAM on reprend tout de go la ligne éditoriale fondatrice du blog (alors que j’ai quand même bien envie vous parler de ma passion pour les highlighters) (mais 1. je sais que ça va saouler une bonne partie de mon lectorat qui n’en a strictement rien à carrer des trucs de biatch et 2. je te vois toi là-bas taper fébrilement « highlighter » dans Google Images, tombant vraisemblablement sur une photo de stabilo jaune) (et même si je suis très friande des fluos (particulièrement le Stabilo Boss qui a une couleur chelou entre le rose et le orange, une sorte de corail mais joli (car je HAIS le mot « corail », j’imagine toujours un truc un peu tacky ambiance esthéticienne des eighties avec un blush corail flashy que l’on peut aisément confondre avec un mélanome) je kiffe surtout les highlighters dont on se sert pour illuminer certaines zones du visage sur lesquelles la lumière se reflète naturellement.
Mais attention ne va pas croire que je vais faire ma Varys et digresser sournoisement de mon sujet principal qui est : le point/score concernant la réforme du collège, deuxième plus gros sujet de conversation en salle des putes profs. Le premier étant la sombre sombre voire sanglante histoire de fellation entre élèves de quatrième.

La fraîcheur et l’innocence avant tout ♥

(Les hypothèses fusent, à vous de me donner la vôtre)

Bref, ne va pas imaginer que je vais palabrer sans fin sur les highlighters qui, savamment appliqués, te transforment en sirène évanescente (nan parce que soyons réalistes, il faut avoir la main légère hein car il ne faut pas grand chose pour ressembler à la boule à facettes du Chouny’s Bar de Dunkerque comme dans la vidéo de la dame ci-dessous)


Mais ne nous perdons pas en anecdotes futiles et laissons de côté le phénomène du strobing et des highlighters Becca pour nous pencher sur cette réforme du collège dont les zones d’ombres subsistent (vous le voyez le parallèle là ?)

(Sur feu-mon ancien blog, j’ai écrit plusieurs articles au sujet de la réforme, la place de l’anglais en primaire, les EPI, les formations-formatages, je vais essayer de ne pas être redondante, partant du principe que si vous êtes ici c’est que soit vous me lisiez avant (et je vous dis merci avec trois coeurs ♥♥♥) soit vous me découvrez (alors ça vous plaît ?) mais je suppose que vous êtes déjà bien au courant des tenants et aboutissants des polémiques de la réforme. Si vous êtes tombés sur ce blog en tapant dans Google « dépecer et enterrer un corps pour les nuls » ou « Emile Louis fan club », c’est normal mais je vous encourage tout de même à vous rendre au commissariat le plus proche)

Mettons en lumière ce qui pue du cul :

  • LES MENSONGES. Se sont récemment tenues les journées de la refondation de l’école de la République au Palais Denis Brongniart. Un séminaire hyper glamshine où tout plein de gens qui ne côtoient pas d’élèves chaque jour papotent tranquillement de la condition enseignante, des enjeux essentiels de l’école et des priorités éducatives. Alors en vrac, il paraît que le pouvoir d’achat des enseignants est constamment en hausse et que nous avons travaillé main dans la main avec le gouvernement concernant la réforme et les nouveaux programmes [Inclure ici un rire nerveux featuring un facepalm et une tête qui se cogne inlassablement contre un mur en béton]

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Une majorité de profs est opposée à de nombreux aspects de la réforme. L’organisation des EPI et de l’AP, la disparition des demi-groupes et des options, les 26h de cours hebdomadaires, le nouveau livret scolaire, la pédagogie de projet érigée en solution miraculeuse, les 2h45 de marge qui vont engendrer frustrations et prises de têtes au sein des établissements, la 6ème faisant partie du cycle 3 avec le CM1 et le CM2, les nouveaux programmes, les nouveaux manuels avec leurs activités chelou voire ridicules (tout le monde a entendu parler de l’EPI Claude François (Bordas a, depuis, annoncé son retrait dans les manuels définitifs), le sms de rupture chez Nathan, l’activité d’écriture méga malaisante qui établit un parallèle trop kikoolol entre un monarque et un prof…). Je n’ai jamais trop kiffé les manuels scolaires en anglais (déjà, je suis toujours effarée de voir que beaucoup de manuels sont écrits par des formateurs, IPR, professeurs d’université et autres spécialistes déchargés du CECRL… on y trouve peu de profs de terrain, les vrais, ceux qui ont les mains dans le cambouis), il est impensable pour moi de suivre à la lettre un manuel scolaire de par mon tempérament indépendant qui aime bien créer, inventer, construire et je les trouve bien trop lourds en matière d’objectifs et bien trop légers en matières d’activités. Enseigner le comparatif et le prétérit en 6ème ? Pourquoi pas dans le cadre d’activités ambiance pédagogie différenciée avec quelques élèves motivés, bosseurs, prêts à prendre de l’avance… mais entre les élèves avec troubles d’apprentissage, l’ambiance REP / REP+, l’absence totale de rigueur de beaucoup d’élèves… c’est très compliqué à mettre en place tant l’hétérogénéité est devenue ubuesque. De surcroît, je trouve les manuels hyper démago, souvent ridicules, essayant de parler « jeune » et de partir de ce que les élèves kiffent pour les accrocher… L’intention est sans doute louable mais on ne peut pas être constamment dans cet angle de vue qui joue la facilité et qui oublie l’un des enjeux prépondérants de l’école : ouvrir l’élève au monde, le sortir de sa zone de confort pour le confronter à une culture qui lui échappe et pour lui donner envie d’être curieux et éclectique. Si vous ne l’avez pas lu, je vous invite à découvrir l’excellent article de Monsieur Samovar (un garçon au top que je kiffe dans la vraie vie) qui résume parfaitement ma pensée : « Nous sommes entrés à l’ère de l’utilitarisme et ça me débecte ».

Quand je lis un article de Monsieur Samovar
Quand je lis un article de Monsieur Samovar

Donc nan désolée, Najat, Florence, Vincent, Benoît, François et les autres, NAN ce projet de réforme ne s’est pas fait en étroite association avec les profs de terrain. Cette réforme passe en force, s’appuyant sur la grande force de résilience des enseignants, s’appuyant sur le manque d’organisation et de rébellion de cette corporation que l’on culpabilise sans cesse. Cette réforme est un déni démocratique, le symbole d’un mépris affiché envers les profs. N’oublions pas que l’Arrêté du 19 mai 2015 relatif à l’organisation des enseignements dans les classes de collège a été publié quelques heures après la grève très très suivie de ce même 19 mai 2015.

J’en profite pour faire un petit excursus sur Florence Robine, agrégée de physique, directrice générale de l’enseignement scolaire et ancienne rectrice de différentes académies. Florence Robine est un peu le sidekick de Najat-Batman (tu l’as ?) TOUT ce que dit Florence Robine m’énerve. Elle rentre dans mon panthéon personnel figurant en bonne place aux côtés de Nadine Morano, Christine Boutin, Valérie Pécresse ou Mme Dégobille ma prof de maths de collège. C’est la meuf qui a osé balancer le 30 septembre 2015 : « il faut être capable de mettre des élèves en autonomie sans le professeur. Oui, c’est possible. On n’a pas forcément besoin d’un enseignant pour apprendre […] Les élèves, dans certains cas, apprennent mieux en se parlant les uns les autres qu’en écoutant le professeur ». Clique ici pour visionner cette vidéo trop longue et indigeste qui réveille les ulcères et te donne envie de te mettre en position foetale. Alors ouais, Florence, on peut mettre des élèves en autonomie pour travailler MAIS avec des consignes méga méga précises et répétées environ 8 fois par le prof.

Puisqu’on en est dans les élucubrations mensongères, Florence Robine nous affirme, dans la vidéo, que chaque enseignant de collège et CPE aura CINQ journées de formation (deux jours sur les programmes disciplinaires et trois jours sur les grands axes) afin de se préparer au mieux à la mise en place de la réforme. Bon, là, Flo, tu ne vas pas pouvoir nier que ces journées de formation sont un foutoir incohérent avec d’énormes disparités selon les académies.
Un petit exemple concret ?
– Mais avec plaisir !
Dans mon bahut, tous les profs de maths sont convoqués à la journée de formation disciplinaire, idem en histoire-géo, tandis qu’un seul enseignant est convoqué en français et en sciences. Quant aux langues, c’est bien simple, on a oublié de nous envoyer des convocations et on nous annonce tranquillou bilou, qu’il n’y a plus de place et que déso mais pas déso, on l’a dans le cul lulu. PLUS DE PLACE ? Ils jouent à guichets fermés? Les formations = un concert de Beyonce aka les places sont vendues en 15 minutes ? De la même manière, en sciences, les enseignants de SVT, physique-chimie, techno devaient être convoqués ensemble afin de pouvoir travailler de concert puisqu’en 6ème leurs matières appartiennent au bloc sciences avec un nombre d’heures à partager selon les choix internes d’établissement. Sauf que nan, tout est super mal organisé, tout cafouille, tout est bancal, tout est approximatif. So much pour les CINQ journées hein.

Lors des deux journées de refondaFion de l’école de la RépuNique, Blanche Lochmann, présidente de la Société des Agrégés s’est interrogée sur l’absence notoire des profs de collège de terrain et a tout simplement demandé : « est-ce que les professeurs sont de simples exécutants ? » (Big up Blanche !). Florence Robine répond sans pression que les profs doivent « s’approprier ce que la nation souhaite pour son école » créant a priori un clivage nation / enseignants. D’où elle représente la nation Florence Robine ? Cette réforme a-t-elle seulement été présentée et votée par les deux chambres du Parlement ? D’où elle s’autorise ces tirades limite populistes alors que la meuf n’a pas été choisie, élue par le peuple mais placée là car la meuf a du réseau et de l’influence… Quelle indécence sans déconner.

  • PARADOXE, INCOHÉRENCE ET RÉSISTANCE. Une petite incohérence en passant : on nous répète que le poids des cartables est trop lourd, que l’on nique le dos des élèves et nanani et nanana (faux problème selon moi quand les gamins ont des casiers où ranger leurs affaires du matin ou de l’après-midi, et beaucoup de matières n’exigent qu’un simple cahier, le manuel n’étant pas utilisé ou bien étant en double-jeu dans la salle de classe. Aux parents d’acheter un cartable qui ne soit pas méga lourd à la base et les élèves doivent éviter de charger leur cartable avec des trucs qui alourdissent le sac (pochette de maquillage, console vidéo, boules de pétanque #TrueStory ou flacon Lolita Lempicka qui finira par se briser dans le sac entre le cahier de SVT et le manuel d’histoire) et les nouveaux manuels sont énormes à cause de cette sombre histoire des cycles. En maths par exemple, le cycle 4 (5ème / 4ème / 3ème) est réuni en un seul et même manuel scolaire puisque le programme n’est plus annualisé mais à se répartir sur trois ans. L’épaisseur du livre et son poids sont en totale incohérence avec ce qui est préconisé concernant le poids des cartables car on ne va pas jouer les Popples, tous les bahuts ne pourront pas s’offrir de double-jeu de livres ou investir dans des versions numériques pour les élèves et coucou le budget imprimante/photocopieuse si le prof doit constamment faire des scans et des photocopies… bref, je ne vois pas bien l’intérêt de ces cycles 3 et 4 remasterisés, pour moi ça apporte bien plus de bordel et de dysfonctionnement que d’avantages.
    (Ah et si tu ne sais pas ce que sont les Popples c’est que tu es trop jeune et que tu as raté ta vie. Remarque, tu dois connaître les Popples car est sortie récemment une version 2.0 de ces adorables et fantasques petites peluches. Sauf que la version 2.0 rend les Popples plus minces, plus sexy, plus hype. DEPUIS QUAND LES PELUCHES DOIVENT ÊTRE SEXY BORDEL)08
    Si les journaux télé sont étonnamment peu prolixes concernant le bordel de la réforme, on peut tout de même lire de nombreux articles partagés en masse sur les réseaux sociaux. Une vraie résistance s’est installée mais malheureusement cette résistance est mal organisée et vite fendillée non pas par manque de conviction mais par manque de courage et d’énergie. Les EPI sur les heures de cours avec zéro concertation prévue et rémunérée ? L’AP, ce concept très mal expliqué (que je crois avoir vaguement compris… mais je n’en suis pas vraiment sûre)… beaucoup parmi nous demeuraient circonspects, méfiants voire vindicatifs. Lors des journées internes aux établissements pour la création des EPI, deux profils de profs opposés à la réforme se sont clairement dessinés. Certains profs ont tout simplement refusé de participer à tout EPI, réitérant leur conviction et les raisons pour lesquelles ils ont fait grève, et d’autres ont décidé de limiter les dégâts en créant des EPI à partir de projets déjà mis en place essayant d’instaurer quelque chose de cohérent et de positif pour les équipes et les élèves. Dans mon collège, les profs s’entendent bien, on a bien évidemment plus d’affinités avec telle ou telle personne mais concrètement l’ambiance est cool. Nous sommes tous opposés à plein d’aspects de la réforme et pourtant lors de ces deux jours de création d’EPI, nous avons tous bossé dans la bonne humeur, pérennisant ou créant des projets, on travaille déjà pas mal en interdisciplinarité et les EPI existent déjà sous un autre nom avec plus de flexibilité et surtout résidant sur la base du volontariat. Bref, on a tous dit « ils nous font chier avec le cycle 3, les nouveaux programmes et l’AP mais on va quand même faire des EPI car on est trop dociles et choupinou ». Dans mon bahut REP, profs d’allemand et de latin sont pour l’instant sauvés et ne se retrouvent pas à enseigner sur trois bahuts, la DHG augmente, grâce aux projets déjà mis en place, on conserve l’équivalent d’une option euro… bref on n’est pas les plus mal lotis. Ma meilleure amie d’enfance (COUCOU ♥) est prof d’anglais aussi et dans son bahut, beaucoup de profs ont dit NON aux EPI et sont restés passifs lors de ces journées d’organisation de la réforme. Elle avait du mal à comprendre comment j’ai pu être aussi docile alors que j’étais moi-même bien réticente… Et bien, c’est compliqué de s’opposer quand on est deux à vouloir faire les vrais rebelles face à 30 personnes pas pro-réforme mais n’ayant pas envie de s’oppposer à 100%. On ne veut pas donner l’impression de quitter le navire et d’abandonner les copains. C’est compliqué car on culpabilise, on veut éviter les conflits et les tensions qu’engendre forcément cette réforme, on s’aperçoit qu’on est docile, manipulable et qu’on a une capacité d’adaptation assez ouf. Et puis surtout je crois qu’on fait de la résistance passive, convaincus que le système au-dessus ne cédera pas. Je pense que chaque bahut se débat, se débrouille avec son parcours, son histoire, son melting-pot de personnalités. La résistance passive consistera à refuser les activités chelou des manuels, à refuser d’utiliser le terme de « prédicat » en français, à refuser de céder aux modes, à continuer d’enseigner de son mieux en tâtonnant, en innovant et en laissant de côté des consignes uniformisées et des innovations pédagogiques inapplicables en classe.
    Je n’accorde plus aucune confiance, aucun crédit à tout ce que propose le MEN, les hommes et femmes politiques se succèdent, se servent, s’empiffrent d’argent, de privilèges et de pouvoir éphémère… Les profs semblent être là pour limiter les dégâts, écouter d’une oreille et agir en leur âme et conscience supportant les lubies, les egos, les contradictions de personnes n’ayant aucune conscience de ce que signifie réellement enseigner et se cachant derrière des études et des rapports de didacticiens se vautrant dans le jargon institutionnel et dans des citations philosophiques pédantes destinés à cacher la vacuité de leurs propos.
  • L’AP EN CLASSE ENTIÈRE. Alors si j’ai bien compris, l’AP aka Accompagnement Personnalisé, c’est censé servir à faire de la pédagogie différenciée sur une séance, genre tu mets les mômes en atelier avec des activités différentes, tu proposes différents degrés d’aide, les élèves en avance peuvent avancer encore plus vite sans s’ennuyer, les dys peuvent avoir des activités bien spécifiques, les récalcitrants peuvent avoir une petite activité un peu démago histoire de les raccrocher au wagon… Alors dans l’idéal c’est bien cool et si l’on respecte les rythmes et les possibilités de chacun, il faudrait faire de la pédagogie différenciée à chaque séance sauf qu’avec 6 classes à 25 élèves, c’est un peu chaud les marrons… Comme d’hab, la solution est sous nos yeux depuis des décennies mais pour des raisons économiques, on l’ignore prétextant à tort qu’elle n’est pas pertinente. Avec 15 élèves, on peut évidemment plus facilement consacrer du temps à chacun et gérer des préparations différentes pour s’adapter au maximum à leurs besoins… L’hétérogénéité est devenue totalement ubuesque. Rassembler en grand nombre des profils si différents, des profils qui nécessitent un vrai suivi et qui se retrouvent noyés au milieu des parcours et des problèmes des autres. Il n’est pas rare de trouver dans une classe de 25 élèves : 4 dyslexiques (1 avec ordinateur, 1 avec AVS et deux qui sont sur une liste d’attente longue comme la bite de ton mec), 2 dyspraxiques, 2 TDAH (1 avec un suivi médical et 1 pas encore officiellement diagnostiqué), 2 élèves en foyer dont le parcours familial et émotionnel t’arracherait des larmes, 5 élèves choupi qui semblent équilibrés, motivés, choyés dans leurs familles, 5 élèves qui décrochent et manquent cruellement de motivation, 2 élèves violents incapables de gérer leurs émotions, 2 élèves avec des problèmes de vue ou d’audition très importants, 1 élève absent une séance sur trois pour cause de phobie scolaire / mal-être / flemme aiguë. Bien sûr, tu peux aussi faire des combos gagnants : dyslexique + TDAH + parcours familial pourri = Bradley 14 ans qui n’arrive pas à trouver sa place, à trouver de la motivation, à sortir la tête du bourbier dans lequel il s’enfonce inexorablement, pas suffisamment soutenu par une école qui n’a pas le temps de s’occuper de lui comme il en aurait besoin, une école qui n’a pas les moyens humains et la vocation à se substituer à une famille aimante et équilibrée.
  • L’INSUPPORTABLE INCOMPATIBILITÉ LÉGENDAIRE DES PÉDAGOGIES. Je l’ai déjà dit environ 458 fois mais bordel pourquoi les pédagogies ne pourraient pas co-exister ? Comme s’il fallait absolument choisir son camp entre cours magistral, îlots, pédagogie de projet et classe inversée. Le constructivisme est érigé comme ZE solution magique. Hey les gars, s’il y avait UNE méthode efficace, ça se saurait, tout le monde l’appliquerait et on ferait du toboggan sur l’arc-en-ciel des Bisounours. J’ai aussi l’impression que le cours magistral est toujours fustigé par des profs qui ont zéro charisme et qui ne parvenant pas à accrocher les élèves, se lancent dans des ateliers où ils s’effacent pour que l’élève découvre la lumière par lui-même… Je caricature un peu mais je pense vraiment que je ne suis pas loin de la vérité…
    Quand je lis les pro-réforme sur Twitter
    Quand je lis les pro-réforme sur Twitter

    Qu’on propose aux profs différentes pédagogies dont ils pourront se nourrir, s’inspirer afin de s’adapter à leurs classes et ensuite on leur fout la paix.
    Personnellement, j’alterne les méthodes, les activités selon ce que j’ai besoin de transmettre comme savoirs ou savoir-faire. Je sais qu’avec certaines classes, il y aura besoin d’un moment magistral pour expliquer le present perfect en anglais, que d’autres élèves auront besoin d’une activité de groupe pour fixer la compétence à atteindre… Je reste très circonspecte concernant les îlots que je testerai peut-être avec une classe à la rentrée prochaine dans un cadre bien particulier (fil directeur Harry Potter featuring The Sorting Hat qui dira aux élèves à quelle maison de Poudlard ils appartiennent) (ça va être TROP COOL). De ma petite expérience d’îlots et de par le feed-back des élèves, j’ai l’impression que c’est tout ou rien, les élèves adorent ou abhorrent. Certains me disent qu’ils préfèrent travailler seul, tranquillement ; d’autres ont du mal à supporter le petit bruit continu inévitable causé par le travail de groupe, pendant que d’autres vont kiffer l’émulation et l’interaction.
    Quant à la classe inversée, je ne comprends pas bien le délire et l’effervescence que ça peut susciter. Je comprends davantage l’intérêt dans certaines matières au lycée… mais au collège… On nous demande de leur donner le moins possible de travail à la maison et en même temps, il faut leur demander de lire, de mater des vidéos chez eux pour anticiper / préparer la séance… On a beau être en 2016, à l’heure du tout-connecté, j’ai encore quelques élèves qui n’ont pas internet chez eux ou qui ont constamment des soucis d’ordis ou de connexion. La classe inversée exige que tous les élèves aient accès à ces contenus sans souci… sinon coucou les disparités et l’injustice. Ah mais on me souffle que le visionnage est facultatif… bah je comprends pas bien le délire alors. Si c’est facultatif, on en revient toujours au même, les motivés bosseurs arriveront en cours en étant encore plus en avance qu’ils ne le sont d’habitude et les décrocheurs seront encore plus noyés dans leur apathie. On me souffle que l’enseignant doit alors créer des « groupes de besoins » afin d’instaurer une différenciation pédagogique et accompagner chaque élève (merci d’arrêter l’hypocrisie et de parler de « groupes de niveaux » parce que dans ce cas précis, on est vraiment dans trois « besoins » distincts qui se résument à 1. j’ai maté la vidéo, j’ai grave compris et je peux bosser tranquillou / 2. j’ai un peu compris mais pas trop donc merci de m’éclairer avec des explications supplémentaires et un approfondissement / 3. j’ai pas regardé votre vidéo à la con donc merci de me faire cours de manière conventionnelle).

Je continue d’enseigner comme je le ressens, en essayant, en innovant, en alternant idées, pratiques, méthodes, me nourrissant de ce que font de vrais collègues (ceux qui sont devant les élèves chaque jour, pas ceux qui sont devant leur ordi à plagier des modèles scandinaves tout en copiant-collant une étude péruvienne prouvant que dire « TA GUEULE » à son prof est tout simplement le symbole d’une confiance en soi qu’il faut encourager et chérir). Je pratique la pédagogie différenciée avec la plupart de mes classes parce que l’institution m’oblige de plus en plus à le faire puisqu’elle colle ensemble des élèves qui ont des profils d’apprentissage diamétralement opposés. La pédagogie différenciée me semble très pertinente lorsque l’on veut respecter les rythmes d’apprentissage et les capacités des élèves… mais dans mon cas, il s’agit d’élèves de 15 ans qui ont une différence de niveau totalement hallucinante. Je dois jongler entre Lily-Rose qui est prête pour le lycée, qui manie ses verbes irréguliers et expressions idiomatiques comme une chef, Djayzon, dyslexique jamais pris en charge qui a des difficultés pour déchiffrer, Tatiana qui attend ses 16 ans pour rester à la maison regarder H24 Kim Kardashian, Sandrea et les Anges de la Télé-réalité et qui envisage d’avoir au plus vite des enfants et des allocations, Jennifer qui galère un peu en anglais mais qui rattrape peu à peu ses lacunes à force de bonne volonté et de mémorisation acharnée, Paloma qui relève d’un enseignement adapté et qui ne pourra pas dépasser certains concepts. Théo qui s’en branle total de ma gueule, qui s’en branle total de sa scolarité et qui ne sait toujours pas ses pronoms sujets en anglais.

Bref, les enjeux de la réforme du collège sont pour beaucoup totalement à côté de la plaque, précarisant le métier d’enseignant. Cette réforme est le reflet d’une méconnaissance du terrain, des priorités à établir et le reflet d’une couardise quant aux réels problèmes à aborder : l’éducation / la parentalité.

Cet article est censé est une grosse vente de highlighter sur l’absurdité, l’esbroufe et la non-pertinence de cette réforme et de la communication gouvernementale autour de celle-ci.
Voilà. Je souhaitais tout simplement mettre en lumière ce que j’ai envie de dire à Najat, Florence et tous leurs copains #pédagogos :

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COUCOU ♥

Pour des raisons aussi obscures que frustrantes, mon précédent blog a été tout à coup spammé par milliers et malheureusement BAM ça a crashé sa race. Mais telle Cindy Sanders, je renais de mes cendres, et ce nouveau blog est un peu mon Thierry Mugler à moi.

Me revoilou tranquillou (expression hipster) pour vous raconter en gros mots et en gifs animés des trucs de profs et des trucs de pas-profs. Je songe aussi continuer de temps en temps le Tumblr consacré au canapé trois places que j’ai sorti de ma teuch en 2012. La maternitay m’a piqué du temps et de l’énergie, je me suis tournée vers mon cocon, mon nid et j’ai laissé de côté pendant un long moment mes activités de blogueuse influente (prendre une voix insupportable de prétention). J’ensaigne toujours, j’écris un peu pour le cinéma, je réfléchis à un nouveau livre, je suis totalement à fond sur tous les sujets de parentalité, je fustige toujours autant l’abandon des pouvoirs publics face aux vraies problématiques de l’école… Seigneur & Maître et Choupi’Baby sont en pleine forme (je devrais dire Choupi’Girl car dans 32 cm, elle sera aussi grande que Mimie Mathy) (mais je dis COMME MÊME Choupi’Baby car elle sera mon nourrisson FOREVER AND EVER), quant à Choupicat, il fait des quenelles sans pression olkm posey.

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Les choses essentielles à retenir de cette semaine :

  • Je regarde des séries de qualitay telles que Game of Thrones (le premier qui spoile est un fils de chacal), House of Cards, The Big Bang Theory, The Walking Dead, La Fête à la maison, Banshee… Oui. OUI. Je regarde La Fête à la maison aka Full House voire Fuller House en VO. Et c’est choupi ♥ et ça change des décapitations, des viscères, des trahisons et des gorges arrachées à l’aide d’un Spirit of Ecstasy (en plus John Stamos, quoi) (et en fait c’est pas siiiiiii cheesy, c’est même hyper good vibes, éducation non-violente feat. les looks improbables de DJ Tanner #CoucouLesNineties)
  • J’ai 25% chez Sephora et je ne suis que dilemme entre la palette Semi-Sweet Chocolate Bar de Too Faced, le fond de teint Maestro Giorgio Armani, le fameux Re(marc)able de Marc Jacobs, un énième highlighter, un blush NARS…
  • Je ne sais pas comment j’ai pu vivre sans le Tabasco Chipotle toutes ces années.
  • J’ai un nouvel objectif de vie : me faire l’intégrale des filmographies de Meryl Streep et de Danielle Darrieux.
  • J’aimerais aussi me lancer dans un Bujo aka un Bullet Journal aka un truc censé aider la bordélique que je suis à être plus organisée tout en laissant exploser mon côté créatif. Sachant que j’ai pris plusieurs semaines de retard dans mon « One Line a Day », ma naïveté quant à ma réussite en matière de Bujo me fait doucement rigoler. Nan parce que depuis la naissance de ma fille, je suis à fond dans la transmission d’un patrimoine écrit, émotionnel de qualitay, ambiance souvenirs concrets de son enfance, traces d’un amour indéfectible et d’un questionnement parental constant. Les milliards de photos et de vidéos vont déjà permettre à Choupi’Baby de se voir grandir jour après jour (je suis TROP jalouse, j’aurais tellement aimé davantage me voir et m’entendre lorsque j’étais un bébé ou un bambin) et comme l’un de mes gros kifs est d’écrire, quoi de plus évident que d’écrire régulièrement à ma fille pour lui raconter sa vie, pour lui raconter le monde dans lequel elle évolue… Tout ce que j’écris elle pourra le lire dans quelques années, quand elle sera ado et adulte. Du coup, j’utilise le joli carnet « One Line a Day » qui permet d’écrire une toute petite anecdote chaque jour pendant 5 ans. J’écris aussi des lettres ambiance capsules temporelles scellées et à lire dans 5, 10, 15 ou 20 ans… Créer du patrimoine de love, faire la lumière sur ce que j’aime le plus au monde : regarder ma fille grandir. Et nan c’est pas gnangnan (vous pensez bien que j’arrive à coller des mots-clés essentiels tels que « Emile Louis » ou « pute à matelots » dans lesdits courriers)
  • Je fais publiquement un gros big up, big bisou à Pacrette ♥ qui est prof d’arts pla et l’auteur du dessin choupi représentant Princesse Soso et qui me sert d’avatar pour ce blog, Twitter, Instagram ou Facebook (elle fait des trucs de ouf mais une nouvelle maison et deux enfants sublimes ont bizarrement ralenti son business créatif)